Scandale à la Lifkin : un siège fantôme et des soupçons de détournement
La Ligue de Football de Kinshasa (Lifkin) est éclaboussée par de graves accusations de mauvaise gestion financière, dans un dossier qui secoue le football kinois et congolais. Malgré les ressources financières dont elle bénéficierait, la Lifkin ne dispose toujours pas d’un siège administratif officiel et fonctionnel.
En pratique, la ligue fonctionnerait dans une terrasse située sur l’avenue Oshwe, en face de Muana Kin, dans la commune de Kalamu (Matonge). La chambrette occupée au sein de la Fecofa est présentée par plusieurs sources comme une façade, l’essentiel des activités administratives et des audiences se tenant à Matonge, généralement à partir de 17 heures jusque tard dans la soirée.
300 000 dollars pour un siège introuvable
Selon des informations concordantes recueillies par nos sources, une enveloppe de 300 000 dollars américains aurait été destinée à l’acquisition d’un siège de la Lifkin. Sur ce montant, 200 000 dollars auraient été détournés, tandis que seuls 100 000 dollars auraient servi, en 2010, à l’achat d’un espace exigu d’environ 2,5 mètres sur 10.
Ce détournement présumé impliquerait un ancien président de la Lifkin, avec la complicité supposée d’un proche de l’ancien président de la Fecofa, Constant Omari. Jusqu’à ce jour, aucun éclaircissement officiel n’a été apporté sur l’utilisation réelle de ces fonds.
Gestion opaque sous l’ère Désiré Bonina
L’actuel président de la Lifkin, Désiré Bonina, est accusé par plusieurs sources internes de tirer profit de cette situation. L’espace acquis au nom de la Lifkin serait mis en location à hauteur de 300 dollars par mois, alors même que la ligue continue de fonctionner dans une terrasse à Matonge.
Officiellement, cet espace serait jugé trop étroit pour abriter l’administration de la ligue. Officieusement, les revenus locatifs ne feraient l’objet d’aucune traçabilité ni d’audit, suscitant de sérieux soupçons d’enrichissement personnel. Cette situation contraste avec celle des entités subdélégataires de la Lifkin, qui disposent toutes de sièges identifiés, notamment au stade des Martyrs ou au stade Cardinal Malula.
Pierrot Mosengo, au cœur du système
Le secrétaire provincial de la Lifkin, Pierrot Mosengo, est également cité dans plusieurs allégations de malversations. Il cumulerait, de facto, les fonctions de secrétaire provincial et de trésorier, marginalisant la trésorière générale statutaire, connue sous le nom de “maman Betu”.
Présenté comme l’« homme à tout faire » du président Bonina, Mosengo serait impliqué dans plusieurs dossiers de corruption présumée. Sa récente introduction à la Fecofa comme expert du Conor inquiète certains observateurs, qui craignent une tentative d’étouffement du dossier.
Silence de la Fecofa et attentes des supporters
Face à l’ampleur de ces accusations, de nombreuses voix appellent la Fecofa à agir sans complaisance, afin de faire la lumière sur la gestion financière de la Lifkin, récupérer les fonds détournés et clarifier la destination des loyers perçus. Par ailleurs, des sources évoquent une stratégie de protection médiatique, selon laquelle certains journalistes recevraient mensuellement des sommes d’argent afin de minimiser ou étouffer ces affaires.
Les amateurs et supporters du football congolais attendent désormais des actions concrètes pour assainir la gestion du football à Kinshasa et restaurer la crédibilité des instances dirigeantes.
Nous y reviendrons avec plus de détails.
Rédaction



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