Élections à la FECOFA : la CAF exige des scrutins «inclusifs» et avertit «Il faudra d’abord libérer Goma et Bukavu»
Alors que la République Démocratique du Congo s’apprête à renouveler la direction de sa Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA), un sérieux obstacle se dresse sur la route du processus électoral : l’insécurité persistante dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, où plusieurs zones échappent encore au contrôle de l’État.
Lors de la 47ᵉ Assemblée générale de la Confédération Africaine de Football (CAF) tenue à Kinshasa, le secrétaire général de l’institution, Véron Mosengo-Omba, a rappelé avec insistance la position ferme de la CAF et de la FIFA : les élections de la FECOFA doivent être organisées avant le 31 décembre 2025, mais dans le respect du principe d’inclusivité nationale.
« Nous voulons des élections inclusives. Il faut d’abord trouver une solution pour le Nord et le Sud-Kivu. Ils font partie du pays », a déclaré Mosengo-Omba, sous les applaudissements modérés des délégués présents.
Un avertissement clair de la CAF
Cette déclaration, prononcée à Kinshasa mais pensée pour l’ensemble du territoire congolais, souligne l’une des principales inquiétudes de la CAF : comment organiser un scrutin crédible et équitable alors que Goma et Bukavu, deux bastions historiques du football congolais sont encore marquées par les affrontements entre les FARDC et le M23 ?
Pour la CAF, la participation des ligues provinciales de ces deux zones n’est pas une option mais une obligation, faute de quoi le processus électoral risquerait d’être contesté et non conforme aux standards internationaux.
Un compte à rebours enclenché
La FECOFA, actuellement sous la gestion du Comité de Normalisation (CONOR), et le ministère des Sports, dirigé par Didier Budimbu, se retrouvent face à un double défi :
rétablir l’ordre dans l’Est du pays et respecter le calendrier fixé par la FIFA. À moins de trois mois de l’échéance, aucune stratégie officielle n’a encore été annoncée pour garantir la participation des ligues du Nord et du Sud-Kivu.
Pour de nombreux observateurs, cette situation illustre la fragilité institutionnelle du football congolais, souvent tributaire du climat politique et sécuritaire du pays. La CAF, en rappelant que “le football ne peut s’épanouir sans stabilité”, envoie un message fort : la RDC devra prouver qu’elle est capable d’organiser ses élections sportives dans la paix, la transparence et l’unité nationale.
L’avenir du football congolais se joue donc bien au-delà des stades. Entre enjeux électoraux, souveraineté nationale et pression internationale, la FECOFA se trouve à la croisée des chemins.
Vicko Meschack



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