Linafoot D2 : Eldorado forfait, Mont Bleu menacé, quand 1 000 dollars font chuter des clubs
L’Ituri, province aux ressources abondantes, peine encore à transformer son potentiel économique en opportunités concrètes pour sa jeunesse sportive. La 5ᵉ journée du championnat de la Ligue 2, Zone Est A, disputée mercredi au stade Lumumba de Kisangani, en a offert une illustration préoccupante.
Le Cercle Sportif Eldorado a perdu son match par forfait face à l’AS Nouvelle Espérance pour non-paiement d’un solde de 1 000 dollars américains, correspondant aux frais de participation. Une somme relativement modeste au regard des richesses de la province, mais dont les conséquences sportives sont lourdes : perte de points, atteinte au moral des joueurs et image ternie.
La situation inquiète davantage encore avec le FC Mont Bleu, également menacé d’un forfait pour le même montant impayé. Si rien n’est fait rapidement, Bunia pourrait voir deux de ses représentants fragilisés dans cette compétition nationale.
Pendant ce temps, plusieurs opérateurs économiques de la province restent silencieux. Pourtant, 1 000 dollars une somme jugée insignifiante dans certains milieux d’affaires suffiraient à préserver l’honneur sportif d’une ville et à maintenir l’espoir de nombreux jeunes talents.
La présence récente à Bunia de l’homme d’affaires Aimé Teza, dont la réussite s’est construite en partie sur le sol iturien, a suscité des attentes dans l’opinion sportive locale. À ce stade, aucune initiative concrète n’a cependant été annoncée en faveur des clubs en difficulté.
Heureusement, certaines figures locales ont posé des actes. Cédric Malo a amorcé un élan de solidarité, rapidement suivi par Kiriku, contribuant à limiter les dégâts et à soutenir les équipes de Bunia. Mais ces gestes individuels, bien que salutaires, ne sauraient remplacer un engagement structuré et durable.
Au-delà des résultats sportifs, c’est toute l’image de l’Ituri qui est en jeu. Le football demeure une vitrine, un facteur d’unité et un symbole de fierté collective. Laisser ses clubs sombrer pour des contraintes financières aussi modestes interroge sur la place réellement accordée à la jeunesse et au sport dans les priorités provinciales.
L’Ituri mérite mieux. Sa jeunesse mérite mieux. La question demeure : à quand un véritable sursaut des forces vives de la province ?
Alain Mukoko



Laisser un commentaire